Former la génération Z : les 7 clés pour un apprentissage réussi

Dans un monde où la technologie évolue à un rythme effréné, la formation au sens large doit également s’adapter pour répondre aux besoins et aux spécificités de chaque génération. Parmi les défis auxquels les formateurs sont confrontés aujourd’hui, enseigner et former la génération Z, née après 1996, constitue un défi majeur.

Cette première génération de natifs du numérique apporte avec elle un ensemble unique de caractéristiques, de préférences et de comportements qui nécessitent une approche pédagogique innovante mais surtout adaptée.

Pour répondre à ces besoins, nous avons recensé sept clés pour un apprentissage réussi avec la génération Z.

Pour former efficacement la génération Z, il est sans doute crucial de comprendre sa mentalité unique. D’abord, les membres de la génération Z sont souvent étiquetés comme des zappeurs, capables de diviser leur attention entre plusieurs tâches simultanément. Cependant, cette caractéristique ne doit pas être considérée comme un pur obstacle, mais plutôt comme une opportunité.

Les formateurs peuvent exploiter cette capacité et cette propension au multitâche en concevant des activités d’apprentissage qui encouragent l’engagement actif et la variété (multimodalités pédagogiques). Le séquençage des séances de formation est à ce titre déterminant pour maintenir l’attention. La combinaison de présentations interactives suivi de discussions de groupe et d’exercices individuels répondent par exemple aux différents modes d’apprentissage de la génération Z.

Le digital learning permet en ce sens d’augmenter le rôle de l’intervenant dans son exercice de transmission à la génération Z. 

Une des caractéristiques dominantes de la génération Z est son réel besoin de connexion sociale. Les formateurs doivent intégrer cette dimension sociale dans leur intervention en encourageant la collaboration et les interactions entre apprenants.

Les projets de groupe, les discussions ou les activités de mentorat entre pairs favorisent non seulement l’apprentissage, mais aussi le développement des compétences sociales essentielles dans un monde de plus en plus connecté. C’est donc là une opportunité pour développer les soft skills du groupe et de (ré)apprendre l’empathie.

Cela peut être également un exercice de résolution de problèmes en groupe où les apprenants travaillent ensemble sur une tâche plus ou moins complexes. Les apprenants peuvent, partager des idées et résoudre des défis ensemble, ce qui renforce leur capacité à travailler en équipe et à communiquer efficacement.

De plus, si dans sa séance le formateur a préalablement détecté quelques éléments moteurs, il pourra s’appuyer sur eux pour par exemple leur demander de réexpliquer certaines notions à sa place.

Dr Eric Mazur, physicien, professeur à Harvard et père de la classe inversé, a mis en évidence dans ses travaux la qualité et l’utilité des résultats des activités entre pairs (1). Il a par exemple constaté que, lorsqu’un apprenant doit réexpliquer une notion à un autre, ou argumenter auprès de l’autre qu’il a la bonne réponse et le convaincre, les résultats progressent ainsi que la confiance de l’apprenant dans ses capacités.

Cela met également en évidence la nécessaire évolution de posture de l’intervenant qui devient de plus en plus un guide plutôt qu’un acteur prépondérant dans la transmission des connaissances.

En référence au triangle pédagogique de Jean Houssaye (2), plus de postures on saura adopter, plus on pourra s’adapter aux besoins des différentes formations et aux divers styles d’apprenant.

Synthèse des postures traditionnelles, peu adaptée à la génération Z (apprenants plutôt passifs)

•       posture « savoir », le formateur est le sachant, caractérisée par une exposition orale et peu interactive, apprenant récepteur, restitution par mémorisation de l’apprenant.

•      posture « enseigner », le formateur est l’expert, il fait l’effort de raconter ce que les apprenants ont besoin de savoir, donc il extrait de son savoir les éléments pertinents, mais toujours avec peu d’échange, beaucoup d’écoute et de prise de note.

Synthèse des postures interactives, beaucoup plus adaptée à la génération Z (apprenants plutôt actifs)

•       posture « former », le formateur est modérateur, le formateur essaye de construire une relation basée sur l’échange et sur le débat, avec un rôle actif de l’apprenant et un formateur animateur qui cherche à faire échanger les apprenants, et des mises en situation avec des études de cas par exemple. 

•      posture « apprendre », le formateur est facilitateur, le rôle du formateur devient moins acteur et plus observateur, son intention n’est plus de transmettre seulement, mais de créer un contact entre le savoir et les apprenants, le formateur joue une place plus restreinte.

•      posture « éduquer », le formateur est coach, le formateur met à disposition les ressources pour rendre autonome son apprenant, pour que l’apprenant puisse aller lui-même à la rencontre du savoir de sa propre initiative, tout en pouvant s’auto-évaluer. L’apprenant va aller se former surtout quand il a besoin. Le point de départ et le but se trouve dans le travail de l’apprenant (là où il y a des problèmes à résoudre).

(1) Référence Eric Mazur (ici)
(2) Ouvrage de Jean Houssaye, ‘Le triangle pédagogique, les différentes facettes de la pédagogie« 

D’après une étude sur la génération Z aux Etats-Unis, cette dernière passe en moyenne 7H07 minutes par jour en 2023 (3) devant son téléphone portable. Il semble impératif d’évaluer l’usage à faire du mobile dans l’action de formation. Plusieurs options peuvent être exploitées. 

Avant, pendant ou après la séance :

Les formateurs peuvent nourrir du contenu pertinent via des vidéos courtes et des podcasts. Ces formats, plus attrayant, peuvent rendre l’apprentissage plus accessible et engageant pour les apprenants qui préfèrent la flexibilité et l’autonomie des dispositifs mobiles.

Durant la séance :

Le mobile peut devenir un outil indispensable pour la mise en œuvre de l’évaluation formative instantanée via des applications de testing avec la capacité de restituer des feedback immédiats. 

(3) Etude 2023 ici sur la génération Z 

Bien que le multitâche puisse être clairement perçu comme une distraction, il peut également être exploité de manière constructive dans l’apprentissage. Environ 60% de la génération Z utilise par exemple un second appareil tout en regardant un film ou en effectuant d’autres activités.

Les formateurs peuvent capitaliser sur cette capacité en proposant des activités d’apprentissage qui combinent différents médias et stimulent plusieurs sens à la fois. Par exemple, une présentation interactive qui incorpore des éléments visuels, peut mieux captiver, par design, l’attention des apprenants tout en renforçant leur compréhension.

Le besoin d’interaction est en relation avec le besoin de relation sociale et présentent à l’évidence plusieurs vertus:

Favoriser un engagement accru : la génération Z est née dans un monde numérique où l’interaction est omniprésente. Ils sont habitués à interagir avec diverses technologies et plateformes en ligne. En favorisant l’interaction dans l’environnement de formation, les formateurs captent mieux leur intérêt et maintiennent leur engagement tout au long du processus d’apprentissage.

Développer un apprentissage collaboratif : l’interaction favorise la collaboration entre pairs, ce qui permet aux apprenants de partager leurs idées, leurs perspectives et leurs expériences. Travailler ensemble sur des projets ou des activités stimule l’apprentissage actif, encourage la communication efficace et renforce les compétences sociales essentielles.

Renforcer la rétention plus durable des connaissances : les interactions régulières avec le contenu et les pairs aident les apprenants à mieux retenir les informations. Les discussions, les jeux de rôle, les études de cas et d’autres formes d’interaction encouragent la réflexion critique, la consolidation des connaissances et la connexion avec le matériel d’apprentissage.

Personnaliser l’apprentissage : l’interaction permet aux apprenants de la génération Z de jouer un rôle actif dans leur propre apprentissage. En leur donnant la possibilité de poser des questions, de participer à des discussions et de choisir des activités en fonction de leurs intérêts et de leurs besoins, les formateurs favorisent la personnalisation de l’apprentissage et augmentent la motivation des apprenants.

Développer les soft skills. : l’interaction en formation offre aux apprenants des opportunités de développer des compétences sociales et professionnelles essentielles telles que la communication, la résolution de problèmes, la collaboration et le leadership. Ces compétences sont cruciales pour leur permettre de mieux évoluer dans des environnements de travail collaboratifs et diversifiés.

Selon les préférences pédagogiques des apprenants, il peut être intéressant de décliner différentes activités autour d’un thème donné et de permettre au groupe et à chacun de sélectionner la catégorie d’activités qui le stimulera le plus.

Cette implication vise à embarquer chacun des participants pour couvrir au mieux les domaines de préférence d’apprentissage, notion décrite par David Kolb. Ce dernier a mis en évidence (4) en 1984, quatre profils d’apprenants autour de deux dimensions (concret/abstrait, action/réflexion)

Le divergent : apprécie apprendre par l’expérience et préfère potentiellement : le brainstorming, jeu de rôle, simulations, discussion de groupe, présentation

L’assimilateur : apprécie les cours théoriques et préfère potentiellement : étude de cas, exercice de réflexion, présentation, jeux questionnaires, projet de recherche

Le convergent : apprécie les projets et les activités avec des étapes bien déterminées et préfère potentiellement : simulation, jeu de rôle, étude de cas

L’accommodateur : apprécie les exercices en petit groupe

Le thème de la formation peut finalement se décliner de différentes façons et générer des activités telles que : élaborer un mur de note, mettre en œuvre une méthodologie agile, un mind map, résoudre un cas pratique, animer une simulation ou un jeu de rôle, effectuer une étude de cas, note de synthèse, suivi d’un échange entre pairs….

(4) David A. Kolb ouvrage « Experiential Learning »

L’établissement d’une vraie connexion entre les apprenants et l’intervenant peut tout changer en termes de motivation et d’implication.

Lorsque par exemple les apprenants restituent leurs réalisations et leurs expériences. Cela peut inclure des présentations de projets, des démonstrations de compétences ou des discussions sur des expériences personnelles significatives. Les formateurs peuvent également reconnaître et célébrer les réussites individuelles des apprenants, en leur décernant des prix ou en leur offrant des moments de reconnaissance spéciale. Cette activité renforce le sentiment de communauté, favorise l’inclusion et encourage le soutien mutuel entre les apprenants.

« La technologie est devenue la langue universelle de notre époque. »
Mark Zuckerberg

« L’innovation vient de la capacité à oser penser différemment. »
Steve Jobs

« La créativité est contagieuse, transmettez-la. »
Albert Einstein